Sergio Chumil : "La population guatémaltèque aime le vélo"

26/07/2022

Seul cycliste de son pays sur le sol européen, Sergio Chumil est un bel étendard du Guatemala. À 21 ans, lui qui s'est distingué lors de son tour national mais aussi en Équateur et au Panama, a mérité d'avoir sa chance dans le cyclisme amateur espagnol chez Aluminios Cortizo, dans un environnement très latino-américain. Deuxième de la manche de Coupe d'Espagne de Vigo et cinquième du Tour du Portugal du Futur, moins de trois mois après son arrivée en Galice, Sergio Chumil s’adapte vite.

"L'armée de terre continue de me soutenir"

Comment as-tu débuté le cyclisme ?

J'ai commencé le cyclisme à l'âge de treize ans lors d'une initiation pour les benjamins et cadets dans ma ville de Tecpán, située dans le centre montagneux du pays, à deux heures de la capitale (Guatemala, ndlr). Je vis à 2500 mètres d'altitude. J'ai d'abord pratiqué le VTT.

Puis je me suis progressivement mis à la route, que j'ai véritablement commencé en 2016 chez les cadets, au sein de l'Asociación de Chimaltenango [...]

Enfant, j'admirais Nairo Quintana et Alberto Contador pour leur façon de courir. Depuis mon passage chez les Juniors, je me dédie à 100% à la route.

Quel type de coureur es-tu ?

Je suis un grimpeur de 1 m 68 pour 60 kg.

À quelles compétitions internationales as-tu pris part avant d'arriver en Espagne ?

En 2020, j'ai rejoint l'équipe de l'armée de terre du Guatemala. J'en fais toujours partie, elle continue de me soutenir maintenant que je cours en Europe avec Aluminios Cortizo.

Au sein de l'armée de terre, j'ai disputé le Tour du Guatemala, une course de dix jours qui est la plus importante du pays. Elle rassemble habituellement des équipes espagnoles, colombiennes, mexicaines et équatoriennes. Elle n'a plus été organisé depuis 2020, contrairement au Tour de Bantrab, qui est une autre épreuve notoire. J'espère qu'elle se disputera à nouveau en octobre avec le Tour de la Jeunesse (Vuelta de la Juventud, ndlr) pour les Espoirs.

Lors de mon tour national, j'ai terminé septième du classement général. J'ai également pris part aux tours d'Équateur (septième, ndlr), du Panama (neuvième, ndlr) ainsi qu'aux Jeux Centraméricains (sixième, ndlr) et Panaméricains (neuvième, ndlr), en représentant ma sélection nationale.

As-tu l'habitude de rouler avec Manuel Rodas ?

J'ai déjà eu l'occasion de m'entraîner avec Manuel Rodas, notre représentant lors des Jeux Olympiques de Tokyo, à l'occasion de certains rassemblements organisés par Omar Ochoa et la fédération guatémaltèque avant des compétitions internationales.

Quelle est la place du cyclisme au Guatemala ?

Comme dans la plupart des pays, le foot est le sport le plus populaire au Guatemala. L'athlétisme, en particulier la marche, et le cyclisme sont également assez pratiqués [...]

La population aime le cyclisme. On s'en rend compte lors du Tour du Guatemala où de nombreuses personnes se rassemblent pour encourager les coureurs. Je pense que tout coureur étranger ayant pris part à l'épreuve a gardé de beaux souvenirs du public.

En début de saison, courais-tu différemment avec le drapeau guatémaltèque sur le dos ?

Je n'ai pas pu défendre mes titres lors des championnats nationaux comme je me trouve actuellement en Europe. L'an dernier, j'ai été champion national Espoirs sur route et du contre-la-montre ainsi que deuxième chez les Élites [...] Je ne m'attendais pas à ce que l'équipe Aluminios Cortizo m'offre un si beau maillot de champion national. C'est une motivation supplémentaire de le revêtir.

Comment es-tu entré en contact avec Aluminios Cortizo ?

L'an dernier lors du Tour de Panama, j'ai rencontré plusieurs équipes espagnoles et Carlos Canales. C'est lui qui m'a demandé si ça m'intéressait de courir en Espagne puis qui a servi d'intermédiaire avec Aluminios Cortizo.

"Nous voyageons beaucoup"

Comment est ton nouvel environnement en Espagne ?

C'était mon rêve de courir en Europe. L'Espagne est un magnifique pays, j'adore sa topographie. C'est comme une nouvelle vie pour moi, car le quotidien est bien différent de celui que j'avais au Guatemala. Je suis arrivé ici début mars [...]

Nous sommes sept Latino-Américains dans l'équipe : deux Costaricains (John Jiménez, Sebastián Calderón), un Vénézuélien (Jeison Rujano), un Uruguayen (Eric Fagúndez), un Colombien (Alonso Echavarria) ainsi que deux Mexicains (Fabrizio Martínez et Santiago Rojas). Nous partageons une habitation commune pour toute la saison à Padrón (Galice, ndlr).

Les courses ne s'arrêtent jamais sur la péninsule, est-ce nouveau pour toi ? 

Ça m'a surpris de pouvoir participer à autant de courses (rires, ndlr). Nous courrons quasiment tous les weekends, ce qui impose parfois de longs voyages de plusieurs heures en Coupe d'Espagne. En une demi-saison ici, j'ai déjà participé à plus de compétitions que ce que j'aurais fait en un an au Guatemala (rires, ndlr).

Jusque-là, ma plus belle course a été la Coupe d'Espagne de Vigo, une épreuve montagneuse de plus de 3000 mètres de dénivelé positif, où je me suis classé en deuxième position (derrière l'Espagnol Alejandro Franco, l'un des hommes forts du calendrier amateur ibérique, ndlr).

Quel est ton rêve ?

Un de mes rêves était de courir en Europe. Maintenant qu'il s'est réalisé, j'ai l'ambition de faire partie d'un équipe World Tour.

PROPOS RECUEILLIS PAR AYMERIC PEZE